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Somptueux tombeaux

Les trois tombeaux dans le chœur de l'église du monastère royal de Brou

Dans le chœur de l’église, vous pourrez admirer les tombeaux princiers. Somptueux, ils sont les joyaux du monument ! Notre regard est émerveillé par la finesse du décor sculpté, typiquement flamboyant.

TROIS TOMBEAUX PRINCIERS

Véritables dentelles de pierre, les sculptures des tombeaux du monastère royal de Brou foisonnent de détails et sont peuplés de statuettes. Admirez les pinacles  , les arcades festonnées   et les dais ajourés   !
 

Vous découvrirez au centre du chœur le tombeau de Philibert le Beau. C’est en son honneur que  Marguerite d’Autriche   décide de construire le monastère royal de Brou. À sa droite se trouve le tombeau de la mère de Philibert, Marguerite de Bourbon. À sa gauche, le tombeau de Marguerite d’Autriche s’élève fièrement, surmonté d’un imposant baldaquin digne de son rang.
 

Comme les bus à impériale de Londres, les tombeaux de Marguerite et Philibert se composent de deux parties : le gisant et le transi. En haut, le gisant représente la personne comme si elle était vivante, en habit d’apparat. En bas, on retrouve le transi qui représente la personne décédée, simplement vêtue
 

Le tombeau de Philibert le Beau, au centre du chœur de l'église de Brou
Le tombeau de Philibert le Beau, dans le chœur de l'église de Brou

© David Bordes

UN ÉCLAT RETROUVÉ

Restaurés en 2018, les tombeaux du monastère royal de Brou ont retrouvé tout leur éclat !
 

L’ensemble des surfaces a été nettoyé avec beaucoup de délicatesse, avec de l'eau et de la vapeur d'eau. Des outils simples ont été utilisés : pinceaux, papier absorbant, coton et brosses à dents. 


Le travail délicat de dentelles de pierre, les nuances des matériaux, les détails qui avaient disparu, tels que les veines de l’albâtre du transi de Philibert II réapparaissent aujourd’hui pour notre plus grand bonheur. 

 

Et si vous veniez les admirer ? 

Le tombeau de Philibert le Beau lors de sa restauration en 2018
Le tombeau de Philibert le Beau lors de sa restauration en 2018

© Monastère royal de Brou (DR)

LA SIBYLLE DE CUMES

Cette statue du tombeau de Philibert le Beau a été décapitée en 1831.

Disparue, la petite tête en albâtre de cette sibylle a pu être retrouvée grâce à un dessin ! Elle était conservée au musée de Saint-Omer depuis 1856. 

À l’occasion de la restauration des tombeaux en 2018, elle a été transférée au monastère royal de Brou. Près de deux siècles après avoir perdu la tête, la sibylle de Cumes est aujourd'hui reconstituée !

Détail de la sibylle de Cumes, statuette du tombeau de Philibert le Beau
La sibylle de Cumes, statuette du tombeau de Philibert le Beau

© Hervé Lewandowski

DES MATÉRIAUX D’EXCEPTION

Marguerite d’Autriche souhaite le meilleur pour l’œuvre de sa vie. Vous verrez que le choix des pierres pour les tombeaux n’est pas un hasard !

 
Les soubassements   et les dalles funéraires   sont taillés dans de la pierre noire. Appelées aussi « marbre noir », les pierres viennent de carrières belges et suisses. Une sacrée distance pour l’époque ! 

Le marbre blanc de Carrare, produit près de Pise en Italie, est réservé aux gisants supérieurs, qui sont les parties les plus prestigieuses des tombeaux. 

Les petites statues et les décors architecturaux qui ornent les tombeaux sont réalisés en albâtre du Jura. Son aspect est proche du marbre, mais il est bien plus facile à sculpter ! Déjà utilisée au XVe siècle pour les tombeaux des ducs de Bourgogne à Dijon, cette pierre est choisie par Marguerite d’Autriche en écho à ses origines bourguignonnes
 

Angelots sculptés du tombeau de Philibert le Beau
Angelots sculptés du tombeau de Philibert le Beau

© Laurence Danière

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