Mardi 09 janvier 2024 à 18h
Si le Suaire de Turin est aujourd'hui présenté comme un objet unique et incomparable, il en allait autrement à la fin du Moyen Âge, lorsqu'il fut acquis par les ducs de Savoie et placé dans la Sainte-Chapelle de Chambéry : il était alors l'une des nombreuses reliques du Christ en circulation, chaque Maison royale, princière ou ducale, possédant et promouvant les siennes.
Marguerite d'Autriche, duchesse de Savoie et gouvernante des Pays-Bas bourguignons, est donc une artisane majeure du succès rencontré par le Suaire au début du XVIe siècle, multipliant les libéralités en faveur de la Sainte-Chapelle. Elle est un parfait exemple de la double dimension personnelle et politique du sacré dans le christianisme : bien consciente de l'importance stratégique de ces objets de culte dans le jeu européen, troublé par les Guerres d'Italie et la Réforme, elle entretient aussi une relation personnelle avec la relique, depuis sa chambre à coucher de Malines jusqu'à sa nécropole de Brou, à Bourg-en-Bresse.
Avec Nicolas Sarzeaud, docteur en histoire médiévale, ATER à l'Université de Lyon 2/Ciham, chercheur associé au CRH. Il a soutenu sa thèse à l'EHESS sous la direction d'Étienne Anheim et Pierre-Olivier Dittmar, à propos de la série des saints Suaires imprimés à la fin du Moyen Âge.
Conférence au monastère royal de Brou (accès dès 17h45 aux locaux administratifs situés côté jardin et 3e cloître)